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Le Centre de documentation cherche des militantes pour
pouvoir rouvrir ses portes
Le centre de documentation de la Maison des Femmes de
Paris est constitué d'un fonds documentaire féministe pluriel, national et international, collecté des années 70 à nos jours. L'ensemble de ces ressources
provient d'associations de femmes, d'associations féministes, et/ou lesbiennes, de groupes politiques, d'archives personnelles, ou encore d'institutions
(Ministère ou service Droits des femmes, Parlement européen, etc.).
Il comprend deux fonds principaux : celui de la Maison
des Femmes proprement dit, et celui des Archives Recherches et Cultures Lesbiennes. Nous disposons également de deux
bibliothèques, proposant essais et romans.
I. Perspectives politiques
C'est par notre spécificité militante que nous
différons des lieux institutionnels, tels les bibliothèques ou les universités. Elle résulte d'une volonté de diffusion dans une perspective politique
articulant théorie et pratique.
Notre but n'est pas de thésauriser des archives, mais
d'en faire un fonds vivant qui alimente nos réflexions et nos luttes actuelles. Diffusion et transmission de ce qui risque de disparaître : une mémoire des
questionnements, des expériences et des analyses féministes - indispensable pour à imaginer d'abord, construire ensuite, un autre avenir -, une culture
féministe. Par culture féministe, nous entendons une façon de percevoir le monde et de l'analyser, qui intègre les travaux et réflexions antérieurs. Il
s'agit de d'offrir des outils pour des prises de conscience individuelles et collectives, pour construire une pensée qui soit de moins en moins structurée par
les biais sexistes, et par des contenus et dynamismes prétendument universels qui reflètent et entretiennent, de fait, l'ordre phallocratique. Bien souvent
aujourd'hui, on constate une ignorance très grande des apports théoriques et pratiques des dernières années, conduisant à reprendre les problématiques à
zéro, à reproduire les mêmes travaux, parfois les mêmes impasses. Il nous paraît essentiel que les réflexions et les actions actuelles puissent se nourrir
de celles qui les ont précédées.
Et ceci aussi bien à l'échelle collective qu'à l'échelle individuelle. Il importe par exemple que les projets institutionnels de luttes contre les violences
puisse bénéficier de toute l'expérience critique des
actions de terrain menées ces trente dernières années, ainsi que des études féministes sur le sujet. Au niveau individuel, il importe également que chaque
femme puisse s'appuyer sur les pensées de celles qui l'ont précédée pour construire la sienne propre. Il est désolant de constater que beaucoup de jeunes -
et moins jeunes - femmes qui viennent actuellement au féminisme, ou simplement prennent conscience de l'asymétrie des rapports femmes/hommes dans notre
société, ignorent tout des questionnements des trente dernières années, et risquent, faute de moyens d'accès aux documents qui en témoignent, faute aussi de
lieux d'échange et de personnes susceptibles de leur proposer à la fois des pistes et un échange, de mettre de nouveau des années pour façonner leurs propres
analyses. Ce parcours est de plus en plus difficile compte tenu de la disparition des documents (livres épuisés et non réédités, revues introuvables, etc.),
de la difficulté d'y avoir accès si l'on n'est pas d'une façon ou d'une
autre liée aux milieux universitaires. Compte tenu également de l'émiettement et de la diminution des lieux féministes qui imposent très souvent un parcours
solitaire et hasardeux, notamment pour les personnes n'habitant pas dans des villes importantes.
Au centre de documentation, nous recevons des femmes
d'origines culturelles diverses, d'âges, de classes sociales, de motivations et d'investissements très différents (chercheuses, étudiantes, journalistes,
lectrices de passage, militantes, simples curieuses, . . . ). Cet aspect nous paraît important à préserver. Nous recevons également des demandes d'information
sur des sujets variés par téléphone ou courriel. Souvent, ces demandes viennent de femmes isolées, géographiquement ou
culturellement. Les demandes concernent des bibliographies plus ou moins précises, des conseils pour
poursuivre certaines recherches, des contacts avec d'autres associations avec lesquelles poursuivre ces échanges.
Et presque toujours, il s'agit d'échanger et de discuter autour du sujet abordé. Le centre de
documentation est également un carrefour où les diverses perspectives de la Maison des Femmes peuvent puiser des éléments utiles à leur fonctionnement
pratiques : alimenter certains débats ou ateliers, réfléchir sur nos pratiques à partir des documents et ouvrages concernant le sexisme et les violences,
donner des outils de travail aux participantes de l'action femme/chômage,...
Les deux fonds (Maison des Femmes et ARCL), fonctionnent
séparément, mais en étroite collaboration.
Nous travaillons conjointement à harmoniser nos archivages, à faire circuler nos ressources, à collaborer pour
satisfaire les demandes qui parviennent d'un côté ou de l'autre. Nous informatisons nos fichiers, et désirons par la suite mettre en réseau nos ressources :
ressources matérielles (fonds et outils de travail), ressources intellectuelles, et ressources en personnes. Plus largement, nous travaillons à harmoniser nos
méthodes et à collaborer avec d'autres centres de documentation, qu'il s'agisse de bibliothèques ou de sites Internet. En particulier, nous sommes en relation
avec la Bibliothèque Marguerite Durand et avec le nouveau centre d'archives du féminisme à Angers. Nous souhaitons que puisse se constituer à l'avenir un
réseau informatisé reliant les différents lieux d'information, de documentation et d'archives féministes. La Maison des Femmes de Paris est partie prenante
dans la rédaction du Guide des ressources et archives féministes en France. Cette année, notre centre de documentation a également noué des liens étroits
avec les deux nouvelles Maisons des Femmes ouvertes à Bordeaux et à Fort-de-France.
II. Le fonds Maison des Femmes du centre de
documentation.
Il comprend une bibliothèque, ainsi que des documents et archives. La consultation est ouverte
le mardi de 18 heures à 21 heures, et sur rendez-vous.
On y trouve :
A. Documents disponibles :
1. Livres :
La bibliothèque contient plus de 3000 volumes, répertoriés selon différentes catégories :
* Essais féministes et concernant les femmes
* Arts et femmes artistes : arts plastiques, théâtre, chorégraphie, cinéma, photographie
* Biographies de femmes
* Situation des femmes à l'étranger
* Dictionnaires et encyclopédies des femmes
* Statistiques et enquêtes
* Fond Simone de Beauvoir (ouvrage de, et sur)
* Vie pratique
* Littérature féminine
* Poésie féminine
* Romans policiers et de science fiction écrit par des femmes
* Bandes dessinées
Le fond continue d'être alimenté avec des parutions récentes, grâce aux envois de certaines
maisons d'éditions, de chercheuses, et de particulières/ers, la bibliothèque ne disposant pas de fonds propres.
2. Revues
Revues et périodiques féministes, français et étrangers, depuis les années 70.
3. Thèses mémoires comptes-rendus de colloques . . .
4. Dossiers thématiques - Articles de presse
5. Photographies. affiches. tracts
6. Vidéos
B. Fichiers et bibliographies disponibles :
Les fichiers sont consultables sur papier, et sur ordinateur.
1. Fichier général des livres disponibles
2. Fichier revues
Fichier complet (sommaires + résumés de certains articles) pour un certain nombre de revues
féministes: Questions féministes, Nouvelles questions féministes, La Revue d'en face, Les Cahiers du Grif, Sorcières, Lunes, Pénélope, A.H.L.A., etc.
Ce fichier sera complété avec d'autres revues.
3. Fichier bibliographies
Une centaine de thèmes à l'heure actuelle, chaque bibliographie présentant des références de
livres, présents ou non à la Maison des Femmes, d'articles, éventuellement de vidéos. Les bibliographies sont réactualisées en fonction des parutions. Ce
travail se poursuit avec l'avancement de l'archivage.
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